Le blog voyage de Clo & Mich

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France – Marathon de Paris 2013 April 21, 2013

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Juin 2011, cela fait quelques mois que je me suis mis à courir et je me lance dans mon seul objectif réalisable et quasi insurmontable à mes yeux, le jogging de Verviers. 13kms de course, quelques centaines de mètres de dénivelés, ce n’est pas une mince affaire. Je termine cette distance en 1h04, fier de moi. Courir le jogging de Verviers avant mes 30 ans, je n’y aurais jamais cru !!! Car oui, il faut savoir que le cap des 30 ans a été assez difficile à gérer.

Mars 2012, je me lance cette fois-ci sur un semi-marathon que je voudrais terminer en moins de 2h. J’ai donc choisi les crêtes de Spa, c’est dans ma région et la date me convient. 21kms plus tard, je passe la ligne en 1h54.  Une fois encore, je suis assez content de moi, j’ai réussi  mon objectif. Je vise, pour la fin de l’année 2012 les 4 cimes de Herve. 33kms, 700m de dénivelé ; c’est jouable (me dis-je).

Octobre 2012, les inscriptions pour le marathon de Paris sont ouvertes. J’en ai discuté avec ma compagne, enceinte de notre premier bébé afin de savoir si elle est d’accord que je me lance dans cette aventure. Elle l’accepte même si je sais qu’au fond d’elle, c’est très difficile. Ce sera des heures d’entraînements et beaucoup de stress pour elle. Tout le monde me dit que ça va être difficile voire impossible, je vais être papa, je n’aurai pas le temps, je n’aurai pas la motivation, je serai fatigué, … Peu importe, je n’ai que faire des autres et j’y vais ! Inscription payée et validée, il n’y a plus qu’à ! Objectif, moins de 4h.

DSC_0162Novembre 2012, les 4 cimes de Herve, peu voire pas du tout de préparation et le résultat s’en fait ressentir. 3h38, je franchis la ligne d’arrivée au bout de ma vie. Ma compagne, enceinte de 7,5 mois vient me rechercher, que dis-je, me ramasser et nous rentrons à la maison. La voilà vraiment rassurée pour mon marathon…

Décembre 2012, pour mon plus grand bonheur, ma vie a changé. Ma fille Nina vient de naître, ma merveilleuse Clo lui a donné la vie et rien au monde ne pourrait me rendre plus heureux. J’étais un homme heureux, je suis maintenant un papa comblé. Merci de m’avoir donné une aussi belle fille et d’en avoir pris soin pendant 9 mois dans ton ventre. A mon tour de prendre soin de vous du mieux que je puisse.

Pour mon marathon, car oui c’est mon marathon à moi tout seul, mon épreuve, mon objectif, je suis le seul à décider et pouvoir faire le nécessaire pour y arriver, j’ai été chez le nutritionniste Damien Pauquet. Me voilà avec un régime sur les bras ! Un régime, ça fait assez sourire. Ceux qui me connaissent savent à quel point je n’ai pas besoin de régime et pourtant, j’ai des kgs et de la graisse à perdre. Car oui mes amis, je suis un faux maigre. C’est écrit, c’est publié, je suis un faux maigre. Je l’ai toujours clamé, on ne m’a jamais cru. Merci Damien Pauquet d’avoir fait éclater la vérité au grand jourclip_image001[6].

C’est ce 15 janvier 2013 que j’ai entamé mes 12 semaines d’entrainement. On dit toujours que le marathon, c’est de la condition physique mais également de la motivation, de la force mentale. Je peux vous dire que j’en suis blindé ! J’ai tout eux pendant cette préparation, vent, pluie, neige, pluie verglaçante, tempête de neige, gel, … Ah oui, j’ai quand même eux deux sorties à 17°. Je ne risque pas de les oublier, c’est la seule semaine où j’ai pu mettre un short pendant deux sorties. Pas toujours facile d’aller courir sur le temps de midi quand les collègues partent manger une bonne pizza ou un boulet/frittes. Mais l’entrainement, c’est l’entrainement et il faut le suivre. Tout comme le plan alimentaire d’ailleurs. Par rapport à Nina, le deal était simple. Je me réveillais la nuit pour m’en occuper ou simplement l’apporter à Clo sauf les fois où j’avais de gros entraînements prévus. Etant habitué à me réveiller aux petites heures pour mon ancien travail, tout était parfait. Mon bébé, le jour où tu seras assez grande pour lire, sache que je te remercie d’avoir été si gentille et de t’être réveillée en moyenne qu’une fois par nuit pour très rapidement en faire des complètes. Tu as été un vrai amour. A l’heure où tu écris ces lignes, tu ne l’es peut-être plus autant, qui peut le dire Smile with tongue out 

Nous sommes maintenant le samedi 7 avril 2013, Clo, Nina & moi prenons la route pour nous rendre dans la “plus belle ville du monde”. En chemin, nous sommes rejoints par Véronique & Marc. C’est la marraine de Clo et son mari. Sur place, mes beaux-parents sont déjà là depuis la veille. Après quelques péripéties, car oui mesdames et messieurs, il y a Paris et Courbevoie, nous arrivons à notre hôtel. Pour le gps, ça fait une fameuse différence, je pense qu’on s’en souviendra toute notre vie. Une fois installés, nous nous hâtons de récupérer mon dossard. Je me faisais un stress à l’idée de ne pas l’avoir. Le soir, on se mange un plat de pâtes tous ensemble puis direction la chambre. Je sais que la nuit sera courte et le sommeil difficile à trouver mais notre petite Nina a également besoin de dormir.DSC_0202

Dimanche matin, le stress monte. Je déjeune mais l’appétit n’y est pas. Dur dur d’avaler ce gateau sport. D’ici 3 heures, je serai sur la ligne de départ. Mon premier marathon, une inconnue totale. Je n’ai jamais couru une telle distance. En même temps, je suis “confiant” dans le sens où j’ai suivi mon entrainement à la lettre, je n’ai eu aucune blessure, aucune baisse de moral, aucune sensation de faiblesse et j’ai également suivi mon régime. Si je n’y arrive pas, je n’aurai aucun regret.

Nous voilà parti en direction des Champs Elysées. En sortant de la bouche de métro, il y a un monde incroyable. Il faut vraiment le voir pour le croire. ça grouille de spectateurs et de marathoniens. Mes beaux-parents prennent quelques photos, j’embrasse ma copine & ma fille et je pars dans mon sas de départ. Bousculade pour arriver jusque-là, je ne comprends pas que des gens coupent et poussent des autres pour arriver à se faufiler. Au final, c’est quand même la puce qu’on a sur le dossard qui déterminera le temps. Mais bon, il y a toujours des personnes qui ne réfléchissent pas beaucoup.

Je regarde ma montre, mes pulsations ne baissent pas. J’en suis à presque 100 pulses au repos, au lieu de 50-55 de d’habitude. Le stress, la tension, l’inconnu. Rien n’y fait, j’ai beau me répéter que ce n’est qu’un marathon au final, que je n’ai rien à y gagner ou perdre, que je me suis préparé convenablement et que je n’aurais pas pu faire plus, je n’arrive pas à me calmer.

La course est lancée, je décide de courir un peu moins vite que lors de mes entrainements car il faut vraiment avoir mes 147 pulsations de moyenne si je ne veux pas me griller trop vite. Je me lance donc dans cette marée humaine. Dans ma tête, une seule chose : “ça y est, tu es en train de le courir ton marathon, profite !”. Je vois une pancarte “Go Nina”, ça me met la pêche. Bon, ça fait 200m que je cours mais n’empêche, je prends cette pancarte pour ma fille et moiclip_image001[7]. Il y a des gens partout, c’est incroyable. Il y a des tambours, des danseurs, des animateurs, j’ai des yeux comme des soucoupes. J’ai la tête haute, je regarde partout. Je découvre la ville et je dois bien avouer que c’est magnifique. Courir dans Paris, cette grande ville rien que pour nous le temps d’une course, c’est tout simplement magique. Qui peut se vanter d’avoir couru avec la tour Effel, d’avoir salué marathon man en tenue, d’avoir été dépassé par Batman. Drôle de croiser ou de se faire croiser par ces personnages mais tellement sympathique.

DSC_0184Malheureusement, après 10kms, je commence à avoir des crampes intestinales. Je me dis que ça va passer et je continue donc ma course. 15eme km et toujours autant de crampes. Que c’est désagréable, impossible d’aller dans une toilette et je n’ai pas de papier sinon je m’arrêterais volontiers derrière un arbre. J’ai donné rendez-vous à mon équipe de supporters vers le 20eme km. J’envoie quelques textos pour savoir où ils se trouvent exactement. La communication passe mal et finalement, je les croise en coup de vent. Peu importe, rien que de savoir que ma copine et ma fille, mes beaux-parents ainsi que la marraine et le mari de Clo sont là pour moi, ça me donne envie de pleurer. Mon dieu que ça fait du bien de les avoir aperçus.

Semi-marathon bouclé en 1h47 et si je mets de côté mes crampes qui sont de pire en pire, tout va pour le mieux. J’apperçois déjà des gens qui s’étirent ou simplement qui marchent. Quand je pense aux 21kms restant, j’ai une petite pensée pour eux. Mon prochain checkpoint est prévu au 30eme, c’est là à nouveau que je dois retrouver mes supporters. Invariablement, je diminue ma vitesse mais peu importe, je suis toujours grandement dans les temps. Je passe le 30eme et voit à nouveau ma petite famille (plus facile ainsi que de toujours écrire l’équipe au complet). Je me sens toujours bien, si bien sur je fais abstraction des crampes intestinales. Il fait chaud, trop chaud par rapport à ma tenue vestimentaire. Je regrette d’avoir mis un pantalon mais je devrai le garder jusqu’au bout. 

Prochain checkpoint, l’arrivée. Il me reste 12kms à parcourir, cela me semble tout à fait possible au niveau des jambes, beaucoup moins au niveau du ventre. Je passe le 35eme et c’est là que mes jambes commencent à raidir. Ayant été terrassés par des crampes au mollet pendant les 4 cimes, je préfère me la jouer cool. Je me mes donc sur le côté, marche 200m, cours 800m jusqu’au panneau suivant et ainsi de suite. J’aurais aimé terminer mon marathon sans marcher mais j’ai préféré jouer la sécurité. C’est vraiment difficile d’avancer, mais je m’accroche. Je pense au km suivant qui va pointer le bout de son nez. Une fois passé, je pense au suivant et ainsi de suite. Arrivé au 40eme, je me remets à courir d’une traite. Je me suis assez “reposé” les 5 kms précédents et je veux le terminer sur une bonne note. Mon ventre me fait souffrir atrocement, mes jambes sont raides mais je suis en mode robot. Je pose mon pied devant l’autre et j’entends cette foule qui hurle, la fin est toute proche. Tous les coureurs s’encouragent entre eux. C’est vraiment beau, aucun esprit de compétition à notre niveau. Nous sommes tous à quelques centaines de mètres de l’arrivée et il ne faut surtout rien lâcher. Je redépasse DSC_1066pas mal de monde et encourage à mon tour tous ceux qui marchent.

Je tourne à gauche, je tourne à droite et là, à quelques centaines de mètres de moi, j’apperçois l’arrivée. Une foule incroyable nous encourage, j’ai l’impression que nous sommes mille à arriver en même temps. Je coupe mon chrono et regarde me montre, 3h53 ! Voilà le temps que j’ai mis pour boucler ce marathon. Une vague d’émotion m’envahit et lorsque Clo vient me retrouver à la sortie, je tombe dans ses bras et pleure. Je suis déjà de nature assez sensible mais après autant d’efforts, c’est décuplé. Je ne peux retenir mes larmes et puis franchement, ça fait vraiment du bien. Je relâche toute cette pression, tous ces efforts accumulés pendant des semaines dans les bras de ma copine. Nous allons tous les deux retrouver notre fille et ma belle-famille. J’ai besoin d’un peu de réconfort auprès des miens après m’être dépensé pendant presque 4h.

Je suis finisher, j’ai fini mon premier marathon et en moins de 4h. Je peux l’écrire et le crier haut et fort. Je suis F I N I S H E R, je fais partie de la grande famille des marathoniens. Tous ces sacrifices pendant ces longues semaines de préparation, tous ces kms avalés, ces entrainements par tous les temps, ce régime à suivre au maximum,  tout ça a fini par payer. Je remercie à nouveau Clo de m’avoir permis de le faire. Je sais à quel point ça a été dur pour elle de toujours manger différemment de moi, de me laisser partir le dimanche matin pour mes longues sorties, que je rentre plus tard du travail car je m’entrainais sur le temps de midi, …

Voilà maintenDSC_0228ant 2 semaines que nous sommes rentrés de Paris. Difficile de mettre la machine au repos quand on l’a si souvent sollicitée. C’est nécessaire pour la reconstruction du corps mais mentalement, en voila une nouvelle belle épreuve. Mes jambes me titillent et mes baskets me regardent d’un air penaud. “Quand vas-tu nous rechausser” semblent-elles me dire. Quand je repense à mon marathon, je sens toujours cette bouffée de fierté en moi qui remonte. Qui ne le serait pas je pense, après une telle épreuve. Quand je repense à Clo, Nina et sa famille qui sont venus me voir là-bas, c’est de la joie et de l’émotion qui remontent. Même si je ne les ai vus que quelques secondes à chaque fois, ça valait tout l’or du monde. Savoir que certains ont fait le déplacement rien que pour moi, ça booste. Encore merci à vous tous d’être venus pour moi à Paris, vous n’auriez pas pu me faire plus plaisir que ça.

 

 

 

Mich

 

ps : dès que l’émotion est retombée, j’ai foncé dans un café sur les champs Elysées afin de me “sentir mieux”. Imodium instant, tu seras le premier dans mon sac pour ma prochaine épreuve.

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One Response to “France – Marathon de Paris 2013”

  1. del Says:

    chouette article 🙂 tu ne faisais pourtant pas ton marathon en Inde (pour les crampes 🙂 ) bizz


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